Activité thérapeutique, Maladie d'Alzheimer

La médiation animale en EHPAD

[La chronique de Marjo]



En tant que psychomotricienne en EHPAD, je suis confrontée à de nombreux troubles comme l’agressivité, l’anxiété, les troubles de la mémoire, l’apathie, la déambulation,…

Peu d’activités sont proposées à ses résidents car il est difficile pour eux de dépasser ces troubles. Les thérapies non médicamenteuses ont été valorisés dans les EHPAD car elles permettent de diminuer au mieux ces troubles, d’améliorer le bien-être de la personne, ses capacités motrices ou sensorielles, ses aptitudes sociales… Elles sont adaptées aux besoins de la personne.

C’est pourquoi j’ai décidé de vous parler aujourd’hui de la médiation animale, qui s’est révélée très bénéfique pour beaucoup de résidents.

La médiation animale devient une activité de plus en plus répandue. Elle peut être éducative, sociale voire thérapeutique. Dans cet article, je vais plutôt approfondir cette médiation dans le cadre d’une mise en place dans une résidence médicalisée.



La médiation animale

La médiation animale consiste à mettre en relation un animal, formé et entraîné, avec une personne présentant des troubles afin que ces derniers s’amenuisent durant un instant T voire sur le long terme.

Les animaux ont un effet motivant, ils captent l’attention des résidents entrainant, par exemple, la réalisation de certains mouvements de manière inconsciente et beaucoup plus fluide que dans la vie quotidienne.

Dans le cadre de mon activité professionnelle, cette activité s’étaye sur une prise en charge thérapeutique, c’est-à-dire, que cet atelier n’est pas occupationnel mais qu’il comporte de nombreux axes de stimulation.

Pour chaque résident, des objectifs individuels sont mis en place et sont réévalués à chaque séance.

Les objectifs de la médiation animale

Les objectifs de cette médiation ne sont pas de guérir le résident de ses troubles mais de lui permettre de mieux vivre avec.

C’est une approche à la fois sensorielle et motrice, par le toucher, la mise en mouvement du corps, les coordinations, les repères dans l’espace. Elle permet également de stimuler les fonctions cognitives, de maintenir des moyens de communication, verbale ou non verbale, de diminuer les troubles du comportement et de revaloriser la personne.

 Pour l’ANESM (Agence nationale de l’évaluation et la qualité des établissements et services médico-sociaux) rattachée maintenant à l’HAS (Haute autorité de santé), « la présence d’un animal permet de limiter le sentiment de déracinement, d’avoir une présence rassurante et ainsi de renforcer la qualité de vie des résidents. Les animaux domestiques en Ehpad sont facteurs de renforcement de liens sociaux, notamment auprès de résidents atteints de déficiences psychiques. Pour les résidents qui n’en ont pas ou qui ne sont pas en capacité de s’occuper d’un animal, des initiatives se déploient comme ces « animaux visiteurs » dans le cadre d’un projet de socialisation ». [1]

Les animaux intervenant en médiation animale

La plupart du temps, les animaux présents dans ce type de médiation sont des chiens ou des chats.

Dans certains cas, il est possible de retrouver des animaux tels que des lapins, des cochons d’indes, des chevaux voir même des oiseaux.

Les personnes âgées et les effets obtenus

La médiation animale peut être proposée à différentes populations, différentes pathologies, pour différents objectifs.

Dans l’EHPAD dans lequel j’exerce, les résident sont atteints de pathologies diverses : maladie d’Alzheimer avec des troubles du comportement type déambulation, anxiété, apathie, AVC, maladie de parkinson,…

Les effets sont nombreux et visibles dès la première séance pour certains résidents : La déambulation disparait totalement pendant l’heure de la séance, la communication est présente, les sourires sont visibles, des gestes ont été appris et mémorisés malgré des troubles de la mémoire important, l’apathie et l’anxiété se dissipent et bien d’autres effets sont observables.



Le déroulement d’une séance de médiation animale

Nous avons mis en place avec un intervenant extérieur, 4 pattes tendresse, des ateliers qui se déroulent une fois tous les 15 jours pendant 1 heure. Six résidents sont invités à participer au groupe. Ce dernier est restreint afin de maintenir les objectifs des séances réalisables.

La séance se déroule dans une pièce fermé afin d’éviter toute surstimulation extérieure.

La médiatrice présente ses deux chiens aux résidents afin que ces derniers puissent les caresser.

Par la suite, différents exercices leurs sont proposées : lancers d’objets, brosser le chien, le tenir en laisse, lui donner un ordre,… . A chaque séance des nouveaux exercices sont proposés. A la fin, un moment est pris afin que les résidents puissent dire au revoir aux chiens, et un temps de nettoyage des mains est pris avec chaque résidents afin de lui demander si cette séance lui a plu.


[1] https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2018-03/anesm_06_qdv3_cs4_web_2018-03-16_12-32-35_302.pdf

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